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Le Dragon d'Or


LE  BAMBOU  À  TOUTES  LES  SAUCES

par Pierre Couturier




Une graminée indispensable



Le bambou (Arundinaria bambusa) est une graminée qui possède la particularité de pouvoir dépasser plus de vingt mètres de hauteur et qui atteint parfois la taille exceptionnelle de quarante mètres...Il pousse à l'état naturel dans les forêts tropicales marécageuses et a été acclimaté dans presque tout l'Extrême-Orient où il se reproduit désormais à l'état sauvage ou en semi-liberté. Le nom de bambou provient du malais " mambu " qui signifie littéralement " bois indispensable ". Ce furent les Portugais qui, les premiers, le firent connaître en Europe sous son nom actuel. Ils furent également les premiers à l'acclimater, en 1730, dans les serres royales de Setubal. En 1747 Mahé de La Bourdonnais l'implanta à la Martinique d'où il gagna les Antilles puis les Amériques où il prospéra naturellement. Bien qu'originaire du sous-continent asiatique, probablement des Iles de la Sonde, il fait désormais partie du paysage de la plupart des pays chauds et humides et est particulièrement présent dans toute l'Asie du Sud-est. Certaines espèces sont parvenues à s'acclimater dans les régions plus septentrionales, particulièrement au Japon et jusque dans le sud de la France où il existe l'une des plus grandes bambouseraies d'Europe. Mais, si le bambou demeure très décoratif dans les parcs et jardins il n'en demeure pas moins une espèce d'une importance économique et culturelle essentielle à de nombreuses régions d'Asie où il est omniprésent.

La Chine du bambou millénaire...



Depuis des millénaires, les Chinois ont toujours fait preuve d'une grande ingéniosité et ont souvent été imités par leurs proches voisins. Les multiples avantages qu'ils pouvaient tirer du bambou ne leur ont pas échappé et celui-ci fait désormais partie de ce qui est réellement devenu indispensable à la vie de centaines de millions d'individus. Ce bambou est donc omniprésent sous de multiples aspects à tel point qu'il peut même passer inaperçu tant il fait partie intégrante de la vie de tous les jours...Cette importance est telle que le caractère bambou (Zhu)(racine 118 du dictionnaire classique) est, dans l'écriture chinoise, l'une des trois principales clés, ou racines, avec les caractères homme (Ren) et arbre (Mu), qui sont à l'origine du plus grand nombre de caractères composés. L'ancien sigillaire, très simple et explicite, représentait deux tiges verticales munies de feuilles tombantes. Cela impliquait une première constatation que le bambou n'est jamais seul et symbolisait naturellement une communauté...donc la base de la société et de la culture. Il fut donc, après l'os, le premier support de l'écriture antique. Les tablettes de bambou (Zhou Jian ou Tchou Chien) reliées permirent de transmettre l'intégralité des classiques de la Chine. Sans bambou point de Yijing (livre des mutations), de Daodejing (Traité de la Voie et de son Action), de Li Ji (Livre des Rites), de Shi Jing (Livre des Odes), de Shu Jing (Livre des Documents), de Chun Qiu (Annales des Printemps et des Automnes)...Sans bambou ni Laozi (Confucius), Kongzi (Confucius), Mengzi (Mencius), Zhuangzi (Tchouang Tseu) ne nous seraient parvenus...ou auraient pris une toute autre forme dans l'organisation de la pensée. Ces tablettes de bambou jouaient, en effet, un rôle essentiel dans la mise en place des paragraphes et des chapitres ceci en fonction de ma manière spécifique dont elles étaient reliées entre-elles. Cette " écriture de bambou " est donc à la base de la culture chinoise et de sa transmission. Ce même caractère (Zhu) désigne également le premier instrument de musique, une flûte en bambou, qui, suivant la tradition permit à l'Empereur Jaune, Wangdi, de créer la " note jaune " qui fut à l'origine de la musique chinoise... Ecriture, histoire, littérature, philosophie, musique demeurent donc intimement liés au bambou qui, dans une certaine mesure, a donc participé au patrimoine universel de l'humanité au travers de l'immense culture chinoise et de son héritage.

Lorsque le bambou concurrence l'acier...



Cette civilisation du bambou ne se limite pas à un support d'écriture. En effet, jusqu'à nos jours, il est peu de bâtiments chinois qui n'aient été construits sans le concours de cette fameuse graminée. La structure tubulaire des tiges permet, en effet, d'obtenir une résistance exceptionnelle pour un poids somme toute limité. La construction chinoise a su, depuis plusieurs millénaires, profiter de cet avantage en utilisant le bambou tant dans les matériaux de constructions que dans la mise en œuvre de ces matériaux. Ce qui frappe toujours le visiteur étranger en Chine est que d'immenses buildings puissent encore être construits avec des échafaudages en bambou...que ce soit à Hong Kong, Shenzhen ou Shanghai, mégalopoles ultra-modernes, ces montages extraordinaires dépassent de loin tout ce qu'on peut imaginer dans le domaine de l'ingéniosité et de l'efficacité. Certains constructeurs, influencés par les méthodes occidentales les plus modernes, ont tenté il y a quelques années de remplacer ces échafaudages ancestraux par des matériaux et des techniques plus performants...et moins anachroniques.

Cela a immédiatement multiplié le coût de la main d'œuvre par deux ou trois et notablement ralenti les travaux. Les concurrents qui avaient conservé leurs fameux échafaudages de bambou ont vite profité de l'occasion économique évidente et raflé la plupart des contrats...à tel point que les commanditaires occidentaux, notamment les plus grandes banques et les hôtels internationaux leur ont rapidement confié la construction de leurs immeubles. Plus vite construit à moindre prix demeure toujours un argument de poids même vis à vis des technocrates les plus bornés ! De plus, l'humidité ambiante et la présence tout à fait habituelle des cyclones tropicaux prouva très rapidement que lorsque l'échafaudage de bambou se mettait à tanguer dans tous les sens, l'échafaudage en acier était déjà par terre depuis la veille...provoquant, de plus, des dégâts humains et matériels considérables. Bambous et bouts de ficelles valaient donc mieux que ferrailles et poutrelles. Cela était dur à admettre mais fut la réalité. Depuis, dans toute la Chine du Sud et dans tout le sud-est asiatique les bétonneurs de tous poils se le tiennent pour dit et font désormais la plus totale confiance aux spécialistes de l'échafaudage ancestral. Cela ne s'improvise pas et un simple manoeuvre de ce type de constructions éphémères se doit de connaître une bonne trentaine de noeuds et ligatures essentielles dont certains ne pourront être défaits qu'avec un coupe-coupe chauffé à rouge.

De la construction ancestrale à la décoration traditionnelle...



Mais, en matière de construction le bambou ne sert pas seulement à construire les échafaudages puisqu'il est toujours utilisé en Chine et au Japon en tant que matériau de construction moderne répondant aux normes antisismiques les plus strictes. En effet, il entre dans la composition de nombreux matériaux composites destinés aux charpentes, sols, cloisons des bâtiments les plus récents. Il se fait donc moins visible que de par le passé où bon nombre de constructions étaient principalement réalisées en bambou. Dans toute la Chine du Sud, en Indochine, en Cochinchine, dans toute la presqu'île malaise, dans le sud de l'Inde et jusqu'en Corée et au Japon il servait à la fois de charpente, de cloison, de couverture et était associé à d'autres matériaux comme le pisé, le torchis, le chaume de blé ou de riz, les palmes...Au Japon le bambou (Take) était traditionnellement utilisé comme élément principal des toitures des maisons rurales de la région de Musashi dont il demeure la caractéristique. Il était, et demeure, toujours très prisé pour les balustrades et palissades. Pendant plusieurs siècles, dans tous ces pays, il servit également pour la plupart des canalisations rurales et urbaines. Cet usage particulier est encore très caractéristique de l'approvisionnement en eau de la plupart des temples bouddhistes. La majorité des jardins Zen comportent encore ces fameuses canalisations de bambou très décoratives et souvent recherchées pour leur son propice à la méditation...Un proverbe Chan, école bouddhiste chinoise qui fut à l'origine du Zen japonais affirme " Il est facile de vivre sans viande mais difficile de se passer du bambou " (Su Dongpo). On dit également " facile à couper, impossible à casser... ". Le bambou, en effet, se coupe et se fend bien et peut produire de multiples objets désignés, en Chine, comme " articles bambous " (Zhu Kung)...Ils sont désignés par la formule " Zhu Tou Mu Xie " : sans grande valeur mais indispensables...Un inventaire à la Prévert ne suffirait pas à en dresser la liste...Il sert, bien évidemment, de multiples récipients dont le plus connu est le très classique pot à pinceaux en bambou (Bi Tong), l'un des huit trésors des lettrés, artistiquement taillé et sculpté. Dans les campagnes il est toujours très utilisé, brut, pour contenir les boissons les plus diverses...thé, vin de riz, alcool...et sert à la confection artisanale de tonneaux et seaux. Taillé en biseau et suspendu il permet de confectionner des multiples supports de rangement dans les cuisines traditionnelles...ne parlons pas des étagères à multiples étages et petits meubles les plus variés ainsi que du mobilier, tables, chaises et autres cloisons mobiles caractéristique de toute l'Asie du sud. Il est utilisé comme support pour de multiples récipients et boites de laque destinés au transport des aliments et au rangement de menus objets familiers. Les tiges de bambou servent de carillon sonore aux portes d'entrée, produisant un son harmonieux lorsque le vent les remue. Cela éloigne les mauvais esprits et prévient de la venue d'un visiteur éventuel. Le bambou détaillé en fines lamelles sert à la confection des fameux rideaux de bambou (Tzu Lien en Chine Noren ou Sudare au Japon) qui, suivant la plus ou moins grande finesse de la taille servent de mobilier (cloisons) ou de support à la peinture ou la calligraphie...Ces rideaux, ou jalousies, de bambou sont, en outre, à la cuisine, indispensable à la confection de divers rouleaux...Printaniers ou impériaux et autres sushi. Ils constituent le support idéal pour les calendriers traditionnels ou publicitaires...Taillé un peu plus épais il se transforme naturellement en baguettes de table ou de cuisine...et sert de manche aux pinceaux des calligraphes et des peintres...il remplace avantageusement le plastique dans la réalisation de stylo-billes et de feutres à bon marché qui se vendent par centaines de millions sur le continent et font le plaisir des touristes. Le bambou a également été la matière première essentielle à la confection du papier, invention chinoise...laquelle était indispensable à l'imprimerie inventée en Chine plusieurs siècles avant Gutemberg. Les premiers billets de banque émis le furent également en Chine sur du papier issu du bambou...Les premiers explosifs, servant aux feux d'artifice, furent également contenus dans des tubes de bambou...En Chine un pétard, indispensable à toute fête, se dit encore " Bao " (bambou vert)...ce qui signifie par extension exploser ou proclamer. De nos jours on " bambou vert " (proclame)une loi ou un décret ! On peut ajouter qu'il sert toujours d'oreiller (Zhu Fu Ren) et de repose bras (Jen Zhou ou Tchen Chou) ou d'éventail indispensable à tout lettré. Si on passe en revue les objets décoratifs, les mobiles, les jouets, les cerfs-volants, les manches de la plupart des outils et jusqu'aux voiles des jonques on imagine assez mal qu'il puisse un jour être remplacé par un autre matériau offrant un meilleur rapport qualité-prix !

La symbolique du bambou dans l'art d'Extrême-Orient...



La peinture chinoise classique reconnaît sept catégories de sujets essentiels...les sujets religieux traitant du Bouddhisme et du Taoïsme ; les portraits d'individus célèbres ; les montagnes et les eaux ; les oiseaux et quadrupèdes ; les bambous ; les objets manufacturés (poteries) et les arbres ; les fleurs et les insectes. Le bambou, à lui seul représente donc une catégorie à part que de multiples générations d'artistes se sont évertués à traiter de manière académique ou libérale. Le bambou possède un symbolisme très complexe...Il est tout d'abord synonyme de " provenant des Indes " (Tien Zhu)...donc de Bouddhiste et demeure donc très fortement attaché à cette religion puisqu'il est souple et bienveillant. Son cœur est " vide " (Muxin ou Mu Shin) et représente donc la modestie...Laozi dans le Daodejing (Tao Te King de Lao Tseu) n'affirme-t-il pas qu'il convient de " Vider le cœur et de remplir le ventre " ? Il n'en fallait pas moins aux anciens sages pour constater que la bambou respectait un principe taoïste. De leur côté les Confucianistes remarquaient que ses feuilles s'abaissaient avec humilité vers le sol comme pour saluer la terre et que le bambou, bien que pliant devant l'adversité, se redressait toujours. Il demeurait vert pendant la saison hivernale, signe de pérennité et de constance. Le bambou, le pin et le prunier furent donc considérés comme " trois amis au cœur de l'hiver "...on reconnaîtra donc un ami fidèle présent pendant les difficultés comme un " bambou en hiver ". L'image du bambou entouré de pousses représentera, de la même manière, la piété filiale, fondement de la société confucéenne. Un " rejeton de bambou " désignera donc depuis des millénaires un fils capable de succéder à son père. Sa tige, elle même, parsemée de noeuds représente, mot à mot, l'intégrité personnelle. De nombreux peintres chinois virent dans le bambou secoué par le vent le symbole de la résistance à l'envahisseur tantôt Mongol, tantôt Japonais ou Occidental... Utilité, modestie, sagesse, courage, amitié, piété filiale, intégrité, résistance à l'oppression ne pouvaient que motiver les artistes les plus renommés et les poètes...De ce fait les " Sept Sages du Bosquet de Bambou " (Zhu Lin Ji Jian ou Chu Lin Chi Chien) furent les chefs de file d'une poésie et d'une littérature non conformiste de tendance taoïste...La " poésie de bambou " (Zhu Chi Tzu) désigne donc un style particulier décrivant les moeurs populaires. Mais l'artiste chinois ne s'est pas borné à reproduire ou à chanter le bambou...la matière elle-même se prêtait au travail...Des racines de bambou on confectionne des sceaux aussi recherchés que ceux en jade ainsi que des objets décoratifs. Le bambou, lui-même, servait de support à de multiples sculptures...Il est relaté, par exemple, qu'un certain Tchou Hao, surnommé Song Liou " était très versé dans les caractères sigillaires anciens et expert en gravures de sceaux et de sculptures. Il parvenait (sur du bambou) à graver sur un espace de moins d'un pouce carré un paysage, des personnages, de grands bâtiments, des oiseaux et des animaux. ". Un autre, Tchou Yin " grava l'image d'un Lohan (disciple du Bouddha) avec un rosaire aussi fin que le cil d'un moustique "...Les objets précieux gravés par ces artistes, souvent des repose-bras ou des pots à pinceaux, font partie des plus belles pièces de l'art chinois. Par ailleurs, une technique spécifique inventée sous l'empereur Kien Long (1736 1796) consiste à utiliser la fine pellicule recouvrant le bambou comme placage sur le bois...on nomme cette technique Zhou Wang (Tchou Houang) : bambou jaune ou peau de bambou. Elle est caractéristique de certains meubles ou de certains plateaux de cette époque et est souvent confondue, y compris par de nombreux antiquaires, avec de l'écaille de tortue. Il est de fait que cet empereur avait une amitié particulière pour cet animal et avait souhaité que l'on puisse trouver une matière capable de remplacer l'écaille très prisée à cette époque et particulièrement par les occidentaux...ce qui fut fait. Mais il s'agit plus d'une curiosité sans suite que d'un art à proprement parler.

Et en plus il se mange...



Les pousses de bambou, pour beaucoup d'occidentaux, demeurent synonyme de cuisine chinoise...donc d'exotisme. Elles accompagnent donc de nombreux plats dont le porc aux pousses de bambou et aux champignons noirs demeure le chef de file incontesté dans le hit parade de la gastronomie asiatique en Occident...Ces pousses de bambou, issues de jeunes bambous, se présentent sous un aspect conique et se commercialisent le plus souvent en conserve ou en saumure. Croquantes mais non fibreuses si elles sont de bonne qualité, elles possèdent une petite saveur métallique caractéristique...et surtout due à la conserve ! En Chine et au Vietnam elles se consomment fraîches et sont particulièrement appréciées avec les fameuses abalones qui ne sont autres que des ormeaux. Elles s'utilisent également dans les soupes et servent à confectionner de multiples condiments macérés. Ce que l'on sait moins est que les très jeunes pousses de bambou, à peine grosses comme le petit doigt, valent leur poids d'or et sont servies lors des plus grands banquets où la plupart des occidentaux les confondent, d'ailleurs, avec des pousses de soja...qui, quant à elles, ne valent pas grand chose. Le bambou sert également à confectionner quelques boissons fermentées et des alcools blancs réputés dans certaines régions, notamment dans le Zhe Jiang (Tche Kiang), le Foujian (Fukien) et dans l'île de Hainan. Au Vietnam et en Thaïlande certaines feuilles de bambou d'une espèce large servent à confectionner des papillotes de cuisson apportant une saveur très particulière à l'aliment, le plus souvent du riz gluant auquel on mélange de la viande, des légumes hachés et des épices.

Le bambou et la pharmacopée traditionnelle...



Il serait étonnant qu'une plante aussi exceptionnelle ne possède pas quelques qualités médicinales particulières...On utilise donc l'écorce de la tige pour agir en profondeur sur le méridien de l'estomac...elle est de saveur douce, non toxique et permet de chasser le yang en excès, les glaires, d'arrêter les nausées et vomissements. En poudre, elle est hémostatique et permet de stopper les saignements de nez. La sève récoltée lorsqu'on fait chauffer les tiges de bambou est utilisée dans les affections catarrhales, bronchiques et cérébrales déterminées par le vent et permet de rétablir l'énergie dans tous les méridiens et vaisseaux capillaires. Mais le produit le plus recherché demeure le " tabashir ", une sorte de concrétion de la taille d'un œuf de poule qui se produit, moyennant certaines conditions très particulières, dans les cavités du bambou vert. Cette concrétion ressemble à un produit minéral et se compose de silicate de potasse, de chaux et de matières organiques spécifiques. Elle passe pour une espèce de panacée mais est plus particulièrement utilisée dans le traitement de l'apoplexie, de l'aphasie au cours de l'apoplexie, de l'épilepsie, des convulsions chez les enfants, des affections oculaires et de nombreuses névralgies. Elle agit en profondeur sur le méridien du cœur ainsi que sur le constricteur du cœur. Enfin, les tubes de bambou servent toujours, en médecine chinoise classique, à confectionner des ventouses considérées comme très efficaces dans le traitement de diverses congestions et des refroidissements.


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