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La grande mutation
du COUPLE
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La femme moderne : une mutante
Si nous mettons d'abord l'accent sur la femme, c'est d'une part parce que dans un couple son rôle est capital et d'autre part, parce qu'elle est aux prises avec une modification de statut social qui met le couple en état de déséquilibre. En prenant Pluton comme significateur de la vie instinctive et Neptune des courants émotionnels, on peut penser que leur conjonction en Gémeaux à la fin du dix-neuvième siècle n'a pas apporté de transformations radicales à ce qu'avait donné leur précédente conjonction cinq cents ans plus tôt dans le même signe.
L'univers des Gémeaux est un univers masculin, et la suprématie masculine demeure un fait d'évidence dans la répartition des tâches au sein des entreprises. Mais cependant, dans ce bloc, des fissures sont apparues. La guerre de 1914 a contraint les femmes (agricultrices, ouvrières, chefs d'entreprise) à prendre le relais des hommes mobilisés. Pluton était alors au Cancer et Neptune aussi, tout comme Saturne qui, en détruisant l'héritage du passé, jetait les germes d'un avenir différent.
On oublie en effet trop souvent que si Saturne est le dieu à la faux qui détruit ce qui existe, l'étymologie de son nom évoque la semence, qui ne pourrait se développer si un labour préalable n'avait fait place nette. Signe cardinal, créatif, le Cancer joua là son double rôle d'être à la fois la tombe d'un mode de vie révolu et le berceau d'un nouvel équilibre familial.
L'image (on serait presque tenté de dire, archétypale) de la femme s'est longtemps confondue avec celle de la bonne ménagère. Ce terme désignant celle qui fait tourner la maison, s'occupe de l'entretien et des vivres, pourvoit aux besoins physiques et moraux des enfants et des personnes âgées. Elle se confondait presque avec la symbolique du signe de la Vierge, et en l'évoquant, c'est tout juste si on ne retrouve pas ces parfums complexes des belles maisons de jadis où les senteurs de la cire et celles des confitures se mêlaient aux parfums d'iris imprégnant le linge et à celui des fleurs séchées mises de côté pour soigner les maux de l'entourage.
Combien peu de femmes aujourd'hui peuvent se consacrer ainsi à leur intérieur ! Mais parce que les archétypes l'emportent parfois sur la réalité, cet idéal devenu inaccessible se transforme souvent en sentiment diffus de culpabilité. En effet, la femme qui travaille à l'extérieur n'a finalement que peu de temps à consacrer à sa famille et à sa maison, même si la pression des tâches l'oblige à cumuler les heures de travail, et elle en ressent parfois une certaine amertume si son compagnon ne prend pas suffisamment la relève.
Il est vrai que dans les foyers modernes l'homme aide et pourvoit bien souvent aux soins de la maison au même titre que la femme et qu'il a appris à se servir comme elle des robots ménagers. Donc, lui aussi est un "mutant" par rapport aux hommes des générations précédentes, qui auraient cru déchoir de balayer, faire la vaisselle ou rouler un landau.
Mais ce nouvel équilibre du couple face au problèmes de la vie quotidienne n'est pas toujours aisé à trouver.
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