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La grande mutation
du COUPLE
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Vaincre le complexe de Cendrillon
D'ailleurs de nombreuses femmes affirment ne plus vouloir se sentir dépendre financièrement d'un homme et être horrifiées à l'idée de devoir lui rendre des comptes détaillés sou à sou comme cela se faisait il y a un siècle.
Mais en même temps subsiste dans le psychisme féminin l'idée que la femme est moins forte, moins compétente que l'homme ; et dans les moments difficiles de l'existence remonte l'aspiration atavique à se raccrocher au compagnon qui pourrait la sauver. Ce souhait apparaît très intense chez les personnes influencées par des signes naturellement dépendants : le Cancer, la Balance, certaines Vierge, les Poissons par exemple. Cette attente d'un appui (tuteur, sauveur...), c'est un vieux rêve qui est cause de bien des déconvenues. Jugez-en :
Myriam était la fille d'un tailleur aisé. Elle avait grandi entourée de trois frères, et lorsqu'elle fut en état de travailler son père lui fit tenir le magasin. Les rapports entre frères et soeur n'avaient jamais été excellents, et dès lors ils se dégradèrent rapidement, les frères en venant à reprocher à Myriam de "manger leur part d'héritage". Les parents, de leur côté, trouvaient tout naturel de l'employer quasiment sans contrepartie.
Taureau par l'
Ascendant
, donc portée à préférer le sûr à l'incertain, Myriam s'accommoda de cette situation difficile. Sa Vénus au carré de Saturne lui faisait ronger son frein comme elle le pouvait, tandis que cinq planètes en signes d'Eau la prédisposaient à une sorte de passivité. Pour sortir de cette situation, il eût fallu qu'elle cherche un emploi en dehors du cercle familial, mais sa Lune en Cancer en IV la rendait en fait très prisonnière des siens.
Elle se contentait d'espérer la venue providentielle d'un client qui la remarquerait et qui l'épouserait. Elle ne réalisait pas que l'attente de cette pseudo-sécurité qu'elle voyait dans le mariage l'empêchait de prendre la résolution de s'assumer elle-même qui, sans doute, l'eut sauvée. Les années passèrent ainsi, tristes, vides et douloureuses jusqu'à la déportation au camp de la mort où elle périt à 38 ans sans avoir réalisé son espoir.
Mais, sous l'enveloppe de contextes différents, Myriam n'est pas un cas unique. Comme le notait une psychologue, Colette Dowling : "Il est possible que le désir qu'ont les femmes d'être sauvées remonte au temps des cavernes où la force physique de l'homme était nécessaire pour protéger mère et enfants contre une nature sauvage. Mais ce désir ne se justifie plus et ne mène à rien (...). Le prince charmant a disparu. L'homme des cavernes est devenu plus petit, plus faible. Pour ce qui est des qualités requises pour survivre dans le monde moderne, il n'est ni plus fort, ni plus intelligent, ni plus courageux que la femme. Mais il est, ô combien, plus expérimenté".
La réussite en effet est réclame tactique ; elle suppose un pouvoir d'affirmation, une évaluation juste de ses capacités dans un domaine donné et le courage d'encaisser un échec en pensant que c'est au pire un incident de parcours ou, au mieux, une indication sur un point déficient à rectifier.
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