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La grande mutation
du COUPLE
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La mutation féminine
Tout au contraire, la femme a tendance à douter d'elle-même, de sa valeur, de ses possibilités. Quand une femme résout un problème de math difficile elle attribue son succès au fait qu'elle s'est "accrochée" ou encore que le problème était "facile", écrit Colette Dowling. Mais si elle évite de s'attribuer sa réussite, elle saute sur la moindre occasion d'endosser la responsabilité de ses échecs, que ce soit sur le plan social ou sentimental.
C'est que pendant des siècles, sa "réussite" a dépendu de ses charmes, éminemment fragiles. Réalisons-nous qu'à trente ans, une vie de femme était terminée, que Balzac (au XIXe siècle) pouvait encore écrire d'une de ses héroïnes : "Bien qu'elle ait dépassé vingt-huit ans, son visage avait conservé un reste de fraîcheur".
La femme vivait donc dans la hantise d'être supplantée, et attribuait à la perte inéluctable de sa beauté (quasiment son seul trésor) le désamour de son compagnon. Il y avait là une fatalité contre laquelle elle ne pouvait à peu près rien. Cette disposition d'esprit est passée dans son inconscient à titre de réflexe quasi-permanent, et c'est ce qui explique une bonne part des difficultés d'adaptation actuelles.
En effet, d'un côté l'homme attend de la femme qu'elle l'entoure d'attentions, comme le faisaient sa mère et sa grand-mère pour leur mari ; d'un autre côté, il trouve légitime qu'elle assume sa part de financement dans l'équilibre budgétaire du ménage.
Quant à la femme, elle persiste à se souhaiter entourée, prise en charge en quelque sorte. Et elle ressent souvent, fut-ce inconsciemment, cette obligation de travailler comme un échec de sa vie de femme, même si elle aspire par ailleurs à une plus grande indépendance.
L'impossibilité de concilier leurs attentes contradictoires nourrit chez l'un et l'autre un ressentiment qui risque toujours de s'envenimer. Or, il faut bien convenir que la période présente oblige à se séparer des anciens clichés concernant la vie du couple. La triple conjonction de Saturne, Uranus, Neptune qui vient de se produire dans le signe du Capricorne risque d'instaurer un ordre nouveau qui bouscule à la fois les valeurs familiales ancestrales du Cancer et les accords conjugaux de la Balance.
Ce sont là des problèmes que devront résoudre dans une trentaine d'années les enfants qui ont et auront vu le jour au seuil des années 90.
C'est ainsi que, cycle après cycle, une évolution se produit dont nous sommes à la fois les héritiers et les acteurs. Nos petites vies individuelles participent en fait à ce long travail d'évolution que les anciens identifiaient à celui du potier divin façonnant le vase parfait dont lui seul possède en tête les proportions idéales.
Geneviève Lefebvre
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