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La FEMME
et son mystère
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Le cas de Babette
Prenons comme exemple le couple de Lucien et de Babette. Lucien était un petit employé des P.T.T., fils unique et couvé par sa mère. Comme tous les garçons, il avait eu quelques aventures, mais la Lune en Taureau dans son thème indiquait nettement vers quel type de femme ses voeux se portaient : une femme solide, douée de bon sens, sachant manier les questions d'argent et par ailleurs, aimant la vie et ses plaisirs.
Babette avait le profil de l'emploi. Femme d'affaires, elle avait créé elle-même une petite entreprise de confiserie qu'elle faisait progresser avec régularité. Mais son succès n'avait en rien altéré ses qualités féminines et elle demeurait simple et avenante. Elle s'était prise d'intérêt pour ce grand garçon efflanqué qu'était Lucien. Mieux que chez sa mère, aigrie par son veuvage et les difficultés financières, il trouvait chez Babette les bons petits plats et les attentions délicates, car ce n'était pas pour rien que sa compagne était native de la Balance : elle savait ajouter à ce qu'elle faisait ce charme et cette aisance raffinée qui gagnent les coeurs. Une passion profonde unit rapidement les deux jeunes gens.
Babette représentait réellement pour Lucien l'idéal de la Femme qu'il rêvait et que la Lune au Taureau dépeignait dans son thème. Tout aurait donc dû aller au mieux pour eux deux, si la mère de Lucien avait regardé sa possible bru avec les mêmes yeux que son fils. Mais il n'en était rien. En tant que significatrice de la mère, la Lune au Taureau suggérait la possessivité et acceptait l'importance des questions matérielles pour cette femme. Native du Scorpion, elle voyait surtout en Babette une rivale - rivale dans la tendresse, dans le temps, voire même dans les subsides que son fils pouvait lui consacrer.
Toutes les
amours
ne sont pas des
amours
généreuses. Si elle avait aimé son fils pour lui, elle aurait vu qu'il ne pouvait faire un meilleur choix que Babette. Mais elle l'aimait pour elle, et Lucien vécut des heures très douloureuses avant d'épouser celle qu'il avait choisie. De même, les tiraillements de cette période ne furent pas sans laisser des cicatrices morales dans l'esprit et le coeur des trois participants.
Mais souvent, c'est à propos de l'enfant que les désaccords latents se concrétisent et se grossissent. En effet, la venue de l'enfant n'est pas forcément le ciment qui stabilisera l'union, comme théoriquement elle devrait le faire. Par son existence même, ce nouveau venu impose des contraintes, il ouvre des responsabilités, il perturbe en quelque sorte cet état d'éternelle adolescence qui semble résumer l'ambition de nombreux jeunes adultes.
Certes, maintenant, de nombreux pères participent à l'éducation de leurs enfants. L'indifférence qui était de mise autrefois ne l'est plus de nos jours. On n'accepterait plus de voir un père croisant son fils de 18 ans dans un escalier et s'écriant : "Il est très bien ce jeune homme, mais qui est-il?" - ce que La Fontaine a dit de son propre fils, Charles, né de son mariage avec Marie Héricart. Mais si une telle indifférence n'est plus de mise, les conflits peuvent encore surgir, nombreux, soit en raison de la jalousie de l'époux pour le nouveau venu, soit pour des heurts dans les méthodes d'éducation, soit encore en polarisant les occasions de divergences déjà existantes au sein du couple.
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